5 QUESTIONS : BASTIEN MARLIN (+VIDEO)

Vu qu’il ne s’agit pas d’être le meilleur, pour attirer l’attention dans le skate il existe plusieurs méthodes dont l’une est de se créer ses propres spots, ou au moins d’avoir de bonnes idées de spot. Bon, être capable de les skater jouera toujours en votre faveur, ouais… Bref, Bastien Marlin a choisi cette méthode, juste pour la gloire, parce que ça fait bien longtemps qu’il a arrêté de croire qu’il y avait de l’argent à se faire dans le skate…

Réalisée par @axelangue

« J’AI FINI CHEZ PROPAGANDA, C’T'ARNAQUE ! »

Est-ce que tu gagnes de l’argent avec le skate ?
Non, je ne gagne pas un centime avec le skate aujourd’hui. Rien !

Est-ce que tu en as déjà gagné ?
Oui, jusqu’à il y a trois ou quatre ans. Le dernier salaire, si on peut parler de salaire parce que c’était dérisoire, c’était 166 euros par mois…

Pourtant tu as de la visibilité, tu fais le job…
Oui, mais bon, je n’ai pas contesté cette décision (d’arrêter d’être payé – NDLR), aujourd’hui je suis libre, je fais ce que je veux. Avant j’étais toujours un peu sous pression, on me demandait des « compte-rendus » tous les mois, des disponibilités qui ne m’arrangeaient pas forcément… Mais j’ai toujours essayé de travailler à côté, mes parents me disaient que je ne pouvais pas ne faire que du skate, ne faire que m’amuser tous les jours. Dans la vie, ce n’est pas possible, parce que le jour où ça s’arrête tu n’as plus rien et tu risques de ne plus avoir envie de rien faire…

Ok, mais bon, toi, tu as compris comment fonctionne le système, tu produis des images régulièrement. Tu n’as jamais eu envie de vraiment tout lâcher et ne faire que ça ?
Bah, j’ai déjà fait beaucoup plus que ce que je rêvais de faire quand j’étais gamin, donc non… Après, j’ai pas vraiment été pro mais j’ai quand-même gagné à une époque plus de 1000 euros avec le skate, entre 2005 et 2008.

Ah oui, donc on peut dire que tu as un peu vécu le truc…
Oui, pendant trois ou quatre ans je n’ai quasiment fait que du skate.

Merde, je ne me souviens même pas si tu avais un pro-model !
Ah ah, si, le premier que j’ai eu c’était chez Vegas, une marque de Perpignan. Ensuite j’ai été pro chez Cartel pendant trois ou quatre ans et puis j’ai fini chez Propaganda, c’t’arnaque ! J’avais des pro-models qui sortaient mais je ne les recevais pas ! Mais bon, tout ça c’était plus un moyen d’accéder à un sponsor, qui m’offrait une « pro board » qu’une envie personnelle, tu vois ?

Oui, ça pouvait être utile pour démarcher d’autres sponsors…
Oui, mais c’était surtout la marque qui décidait de me prendre et de me filer un pro-model. Donc si c’était la condition, ça ne me dérangeait pas !

Tu te souviens avoir touché des royalties, sur ces pro-models ?
Hmmm… Je ne crois pas ! On m’en a toujours parlé, de ces royalties, mais je n’ai les jamais eues ! Si, peut-être avec Cartel, mais j’étais déjà payé tous les mois, j’avais bien négocié le truc pour éviter justement cette histoire de royalties !

Donc tu en as gagné de l’argent, avec le skate.
Oui !

BMtowallPhoto : Félix Maurugeon

« DEUX CHARGEURS VIDÉS SUR LE GARS »

Aujourd’hui, tu bosses à plein temps ?
Oui, c’est un plein temps dans une agence de location de voitures. C’est une entreprise familiale, avec mon frère et mon père, c’est nous qui gérons.

Tu peux te libérer facilement ?
Non, justement, il y a toujours de l’imprévu, il faut remplacer celui qui est malade, être là quand il y a beaucoup de boulot… Mais j’ai la chance d’avoir un planning pas trop mal, comparé à mon frère. Je travaille entre quatre et cinq jours par semaine, et en ce moment on est plus sur du quatre jours, mais ce sont des grosses journées. Tu commences tôt le matin et tu ne sais pas quand tu vas finir…

Est-ce qu’il arrive qu’on te ramène des voitures défoncées, à la Jackass ?
J’ai eu de tout, la voiture qui a brûlé, la voiture dans laquelle le gars s’est fait abattre dedans… J’ai tout eu !

Le mec s’est fait tuer dans la voiture ?
Deux chargeurs vidés sur le gars. La voiture est restée sous scellés pendant quatre mois. Je l’ai récupérée mais on ne peut rien en faire, il y a des balles dans le tableau de bord, partout !

Oh putain !
Surtout que tu n’as pas de nouvelle du client, tu sais que le gars est sérieux, tu l’appelles et ça ne répond pas… Tu tapes son nom sur Internet et là tu vois ce qu’il s’est passé. Il gérait des boites de nuits au Cap d’Agde et à Paris…

A part ça, comment ça évolue, Béziers, depuis mon passage il y a deux ans ?
Bah… Ça n’a pas trop changé, ça s’est peut-être même dégradé ! Du coup j’ai déménagé dans un petit village, à 25 minutes entre Béziers et Sète.

J’ai l’impression que ça bouge pas mal à Sète, non ?
Non, il ne se passe pas grand chose à Sète, le poumon du skate du coin, c’est Montpellier.

Montpellier ça renait vraiment pour le coup…
Oui, un peu, tiens, là, il y a les mecs de GX1000 qui y sont, et les jeunes qui se motivent, c’est là-bas que ça bouge !

Entretien réalisé par téléphone le 30 avril 2019.

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