A PROPOS DE CE 50-50

Marc Haziza est le premier à avoir grindé le legde du Dôme (après que Rune Glifberg l’ait fait en nose slide). Retour sur ce trick qui avait fini sur la jaquette de la VHS de Puzzle #1, en compagnie de Marco et de Scalp qui avait immortalisé ça sur pellicule.

Puzzle1

Marc Haziza : Quand je suis allé shooter le 50-50 avec Scalp (Pascal Gombert – NDLR), je l’avais déjà rentré. J’étais allé au Dôme avec Nao Nussbaum et Thomas Paulin (créateurs de Puzzle – NDLR) un soir et moi je skatais le gros ledge du haut (le ledge/curb plat des deux côtés de la statue – NDLR). C’est Mamat (Thomas Paulin) qui m’a poussé à le faire. Ce n’était vraiment pas pour ça qu’on était là, mais en regardant le ledge, je me suis dit qu’en le prenant un peu loin, c’était presque moins haut que celui que je skatais en haut. Du coup, j’ai d’abord droppé le truc pour me le mettre dans les jambes et puis j’ai fait le grind en quelques essais. C’est là qu’on a appelé Scalp et qu’on y est retournés.

Scalp : Oui, c’est Thomas qui lançait Puzzle qui m’a appelé pour aller faire une séquence. Je lui avais dit « pas de problème » et comme j’étais à Paris à ce moment-là, j’y étais allé. Marco l’a rentré 7 fois, j’ai donc 7 séquences parce qu’à chaque fois il y avait un truc qui ne lui plaisait pas ! Comme c’était des diapos, j’en ai perdu quelques-unes, mais il m’en reste encore trois ou quatre !

Marc : Autant je me souviens l’avoir fait « nature » avec Mamat, autant avec Scalp, j’ai eu une baisse de tension au moment de me jeter. Alors je suis allé acheter un gros paquet de bonbons, j’ai tout mangé et finalement j’ai pu le refaire.

« ESSAYER DE FAIRE UN TRUC UN PEU ÉQUIVALENT À 411″

Personne d’autre n’avait essayé ?
Marc : Non, pas à ma connaissance.

Scalp : Mamat était pointu là-dessus. Je ne pense pas que quelqu’un l’avait fait avant, mais je pense que personne n’y avait vraiment pensé puisque ces marches-là, tu ne peux pas les skater.

Marc : C’était pas prémédité, on était au Dôme pour skater mais comme on était en plein en train de monter ce vidéo-magazine européen avec Mamat, on essayait de filmer un maximum. Forcément, pour lui, c’était cool d’avoir des trucs un peu plus engagés pour essayer de faire un truc un peu équivalent à 411… Comme moi j’étais pas mal « en avant » à cette époque, il avait décidé de faire un Focus sur moi. Il faut dire aussi que ça arrangeait les sponsors qui s’étaient engagés à le suivre, comme Quiksilver ou Etnies…

DuodechocPhoto : Laurent Castanet

Scalp : C’est une fois les photos faites qu’il m’avait dit qu’il ferait la couverture avec. Il faut dire aussi que le spot est idéal pour une couverture, quand tu fais la photo en verticale, tu as les colonnes derrière qui rendent le truc très graphique. Ça aurait été le 3-plat-4 shooté à l’horizontale, ça n’aurait pas marché.

C’est marrant, la couverture du mag, ce sera un lipslide de cet angle…
Marc : Lipslide ? Bien ça ! J’y avais pensé…

Scalp : Ce qui est fou avec le Dôme, c’est que tant au niveau tricks qu’au niveau photo, il y a des millions de choses à faire. Et ce qui est intéressant, c’est de voir comment la photographie de skate a évolué. Quand « nous », on est arrivés dans les années 90, il n’y avait rien d’établi, on apprenait au fur et à mesure…

« LE PLUS GRAND, C’ÉTAIT DANIEL HAROLD STURT »

Vous avez un peu posé les bases, avec Spike Jonze et Thomas Campbell avant vous…
Scalp : C’est un peu prétentieux de le dire, mais qu’on le veuille ou non, on l’a fait, et les mecs qui arrivaient derrière nous n’avaient plus qu’à exploiter et extrapoler. Et ils l’ont super bien fait ! (…) À l’époque, 90% de la photo de skate était du fisheye et moi, avec Vianney Tisseau, comme on faisait aussi des photos de snowboard, on avait le réflex de se mettre beaucoup plus loin. Quand j’ai commencé, je n’avais pas de fisheye, ça coûtait beaucoup trop cher et ça ne m’était même pas venu à l’idée ! J’avais un 20 mm, un 50 mm et un 135 mm. Et quand j’ai commencé à vraiment faire de la photo de skate, j’ai fait comme tout le monde ! Mais en snowboard, le fisheye, à part en pipe, ça n’a aucun intérêt ! Alors quand je suis revenu de la montagne, j’ai commencé à utiliser mon 80-200 mm, à mieux contextualiser les images et à jouer avec la profondeur de champ en ouvrant à 2.8 pour avoir le flou derrière. Au fisheye, tout est net, devant et derrière ! Mais objectivement, celui qui nous influençait le plus, c’était Grant Brittain. Après il y avait la version plus trash qui était Bryce Kanights… C’est vraiment ça qui nous a influencés à mettre des flashs partout et à shooter de loin. Mais le plus grand et celui qui nous a le plus influencés, c’était Daniel Harold Sturt. Pour moi ça reste le meilleur photographe de skate de tous les temps ! Le mec avait 20 ans d’avance !

Donnez votre avis

*