A PROPOS DE ZINES : VERSUS

A part tenter de faire disparaitre Nike du paysage skateboardistique, le but ultime de Jérémy Durand est d’atteindre le numéro 253 pour ainsi battre le record absolu de FTBX (le zine de Beauvais des années 90). Pour Nike, ça va prendre encore un peu de temps, mais pour FTBX, avec 122 numéros au compteur, il se pourrait bien qu’un jour…

Versus#120 et #122

« LE ‘RETOUR’ ACTUEL DES FANZINES EST PLUS UN PHÉNOMÈNE DE MODE »

Pourquoi faire un fanzine ?
Jérémy Durand : J’ai rapidement compris que je n’aurais jamais la chance de faire une « carrière » de skater, étant donné mon médiocre niveau sur une planche à roulettes. Alors, comme je m’intéressais également à l’art et au design en général, je me suis dis « pourquoi ne pas faire graphiste », et éventuellement bosser pour un magazine ou une marque de skate, car je ne me voyais pas faire autre chose que de bosser dans ce milieu. Mais là encore, ça n’a rien donné, et pourtant ça n’est pas faute d’avoir essayé. Et puis un jour, j’ai appris l’existence de FTBX (RIP). Le soir même, j’attaquais le 1er numéro de Versus ! Merci Homer !

Est-ce que c’est pour combler le fait qu’il y a de moins en moins de magazines ?
J’ai attaqué Versus il y a plus de 10 maintenant. À l’époque il y avait encore plein de magazines. Donc, personnellement, non, ça n’est pas la raison pour laquelle j’ai fais mon fanzine. Maintenant, effectivement, ça pourrait en être une. Mais je pense que le « retour » actuel des fanzines est plus un phénomène de mode qu’une réelle envie de combler cette « pénurie » de magazines. Les jeunes (et moins jeunes) ne jurent plus que par Instagram aujourd’hui…

Que penses-tu des magazines nationaux ?
J’adore. Je me débrouille toujours pour trouver À Propos et Soma ici où là en France. Je suis abonné à Thrasher et à Confusion que j’adore. Un pote, qui tient le shop Doodah à Berne, me garde tout le temps Free, Solo, That Noise et AJVT. Je finis malgré moi toujours par acheter Sugar en kiosque quand je prends le train. Chill me manque. Freestyler aussi. Je me souviens même avoir acheté quelques exemplaires de Thrasher France, c’est pour te dire si j’aime les magazines…

Versus_O716#123

Pourquoi ne pas tout balancer sur Internet directement ?
Je le fais aussi… Mais simplement parce que c’est gratuit et facile de toucher plus de monde. Je suis un vieux con nostalgique. J’aime le papier, avoir la chance de toucher le produit fini. Les ‘zines imprimés c’est pour toujours (ou presque), les webzines c’est éphémère. C’est dommage car il y en a des super bien. Mais pour moi, c’est un peu comme comparer une vidéo full-length sortie en DVD et un clip sur Instagram… Il y en a un que t’oublies instantanément et l’autre qui te reste gravé dans la mémoire pour toujours. Aaaaaah The End de Birdhouse (par exemple)…

Combien d’exemplaires et comment tu distribues ?
Je me suis auto-forcé dès le départ à sortir un zine par mois. Parce que sinon, me connaissant, je serais encore entrain d’essayer de peaufiner le numéro 1… Mais je n’y arrive pas tout le temps. J’vais sortir le #122 là, alors que ça fait plus de 11 ans que j’ai commencé. J’imprime de 20 à 100 copies selon mon budget… Et je les envois par la Poste, ou les donne directement à mes potes et rencontres faites pendant les sessions.

Qui paye l’impression ?
C’est moi. Parfois j’ai une pub en dos de couverture. Ils me filent un peu de matos. J’en ride la moitié, je revends le reste à mes potes. C’est plutôt pas mal comme deal, même si ça reste insuffisant pour que mon ‘zine ne me coûte rien.

Entretien réalisé via Facebook en juin 2016. Versus en ligne, c’est .

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