LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE

Je suis un vieux réac. Le skate est en train de changer alors que je n’ai pas envie qu’il change. Pourtant, tout allait bien, non ? 

ReacIllustration : Morgan Navarro

La presse
Transworld qui arrête sa version papier au bout de 35 ans. Les skateurs de 16 ans qui n’ont jamais feuilleté un magazine de skate. L’Équipe qui parle de skate comme ils parlent du tennis ou du ski (« La France a-t-elle des chances de médailles ? »…).

Les contests
Après la Street League fourre-tout à Rio, le Tampa Pro qui intègre des types n’ayant même pas leur nom sur une board. Y’avait pas Tampa AM, pour ça ?

Les skateshops
Les pseudo skateshops en ligne et les gros sites comme Amazon qui se mettent à vendre des boards. Les skateshops physiques, piliers des scènes locales, qui ferment ou qui gelèrent comme jamais. (Certains préfèrent acheter leurs boards sur le net parce qu’ils n’ont pas envie de donner leur argent au type derrière le comptoir du skate shop du coin sans même savoir à qui ils filent leur argent en achetant sur ces sites…)

Les JO
Le concept étrange d’une « équipe de France de skate ». Les parents qui te parlent du skate aux JO. La télé qui essaye (bon, ça, ça ne change pas)…

Les marques
Les marques de chaussures de sport qui ont pris la place des marques de chaussures de skate. Supreme, pour une raison qui m’échappe, qui est devenue la seule marque de fringues qui intéresse les kids (avec Palace, un peu). Les stars en carton qui portent du Thrasher, les kids qui suivent. Et Décathlon qui attend en embuscade pour tout foutre en l’air.

Instagram
Du skate en temps réel. Plus de filtre et de l’égocentrisme à gogo. Chacun est devenu son propre média, sans objectivité, sans aucun MEDIAteur pour peser le bon du mauvais ou le vrai du faux…

Heureusement, il reste des bons magazines comme Free, Pocket, Solo, Skateism, ; des contests comme le Dime Challenge, le King Of The Road (quoique depuis que c’est chez Vice, ça a perdu de son charme) ; des vrais skateshops qui se saignent pour faire des petites avant-premières et nous payer des coups, qui filent des boards aux petits contests et à quelques riders locaux, et surtout qui payent leurs impôts (en France, et pas en Allemagne) ; des comptes Instagram de qualité et surtout, des vieux cons pour raconter toujours les mêmes conneries !

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