LA CHRONIQUE DE MDV

Skate Gang est le titre français du film Thrashin‘, un excellent navet kitsch à souhait comme l’Amérique savait en produire dans les années 80. Une sorte de Roméo et Juliette en short fluo, à voir entre deux repas de Noël. (Scroll down for english version)

skategang

« UNE ESPÈCE DE JOUTE SUR UN SKATE AVEC UNE MASSE D’ARME ÉQUIPÉE D’UN COUSSIN AU BOUT EN FORME DE JAMBON »

Salut les petits loups,

Pour ce numéro à thématique « vidéo », je me retrouve à vous faire une chronique de Skate Gang (ou Thrashin’ en VO). Pas de chance pour moi, en 2016 je dois me retaper cette merde sortie en 1985. Tous les clichés y sont : le bad boy, le good guy, la sexy ladyz et le groupe d’amis avec le teubé au nom farfelu « Bouze »… C’est tellement à chier que ça en devient super marrant.

L’intro du film vous met dans l’ambiance en cinq minutes : le beau gosse insupportable sort de chez lui en acid drop du toit de sa maison et déambule dans la rue avec son pantalon bien remonté sous les épaules et son t-shirt bien rentré dans le blue jean (il pourrait finir dans une vidéo Supreme). Ça ressemble à une part’ de vidéo Magenta : des powerslides en s’accrochant aux voitures sur de la musique jazzy (vous avez trente ans de retard, les mecs !).

L’histoire est assez simple : le jeune Corey Webster va voir ses potes en Californie pour participer au « LA massacre », une course de longboard (le truc le moins bad boy du monde, quoi) afin de devenir pro skater chez Smash skateboards (en 2016, il aurait plutôt fait la Street League). Entre temps, il tombe amoureux de la sœur du chef des « Poignards » qui déteste les gens de la vallée comme lui. S’en suit une guerre impitoyable entre les Daggers et la bande des puceaux de Corey, « les locaux du U ». Je vous rassure, à la fin Corey gagne la course et le respect des Daggers, devient pro et repart avec sa ladyz.

Tout est vraiment pourri et fake dans ce film de seconde zone : les bad boys avec leur dégaine de type hardos en mobylette sont vraiment ridicules, le chef arbore même une putain de queutch (catogan), et je ne vous parle pas de la boucle d’oreille en forme de poignard (on se croirait dans Les Années Collège). Le héros est encore plus mauvais avec sa gueule de gendre idéal, toujours torse nu pour montrer sa plastique avantageuse, son sourire de vendeur de voitures et sa crinière de surfer qui vous donne directement envie de casser des CD de rap sur le trottoir.

La princesse est jolie mais la dégaine années 80, c’est vraiment moche. Le pire, c’est que ça revient en force, j’en peux plus de voir toutes ces adolescentes en jean taille méga haute et t-shirt croptop. À quand le revival du piercing au nombril ? Je vais quand même demander à ma meuf de se faire un brushing histoire qu’elle arrête de faire trop la paysanne avec ses tailleurs rayés et sa glacière sous le bras.

Afin de vous faire gagner 1h30 de votre vie (que vous pourrez utiliser pour faire un truc constructif genre chiller sur Instagram ou bien écouter Cypress Hill allongé sur votre lit), voici un descriptif des meilleures scènes :
La bataille avec le jambon dans la main
La scène la plus folle. Après une énième altercation entre Hook (le chef des Poignards) et Corey, Hook le provoque en duel dans un ditch. C’est là que ça devient vraiment fou : le duel est une espèce de joute sur un skate avec une masse d’arme équipée d’un coussin au bout en forme de jambon. Corey finit avec le poignet cassé.
La compétition de piscine
On y retrouve toutes les stars de l’époque : Tony Hawk, Mike McGill, Eddy Elguera, Christian Hosoi, etc. dans le bowl de Delmar. Le niveau est au top pour l’époque et certains tricks feraient encore beaucoup de points. Corey s’élance dans le bowl et nique tout : mc twist, caballerial, teint hâlé, dents blanches, la totale… Mais les Poignards jettent des clous dans le bowl. Résultat : Corey tombe et se fait mal à l’épaule. La scène est bien naze, mais imaginez Paul Rodriguez qui balance des graviers sur la piste pendant le run de Nyjah, on serait tous à fond, putain !
La visite chez smash skateboard
Un hommage à George Powell ? Cette scène est aussi ridicule que le reste du film. Vas-y que je te fais rebondir par terre la roue en résine de la Nasa et qui sera la seule chose qui restera sur Terre après une bombe atomique… Et vas-y que je te montre les 7 plys de la planche « indestructible »… T’as juste envie de lui dire que sa marque pue la merde mais non, Corey lui, ça le fait rêver et il va tout faire pour gagner le massacre de Los Angeles pour devenir pro chez Smash.
Le massacre de Los Angeles.
La dernière scène du film. Mais comment rendre intéressant une course de skate en descente de type longboard ? Eh bien Skate Gang ne sait pas non plus.

Si je ne vous ai pas parlé de la bande-son, c’est normal, c’est juste à chier à part une chanson de Circle Jerks (Wild in the streets) qui donne envie de faire des boneless sur des voitures avec tous tes copains en t-shirt sans manches et boucles d’oreille de type poignard. Pour ceux qui me diront qu’il y a aussi Devo dans la bande-son, je leur répondrai que Devo c’est juste nul à chier comme tous les groupes fun. Ils sont aussi drôles qu’un one-man-show d’Arthur.

Je vous laisse, les amis, je dois prendre en photo le dernier colis de mes sponsors pour le poster sur Instagram et après j’ai rendez-vous avec mon agent pour bosser mon prochain run de contest et faire ma trick-list pour ma street part’.

Peace
MDV

Article publié dans A Propos #17 en septembre 2016

Hi everyone,

For this special video issue, here I am doing a chronicle about Skate Gang, or Thrashin’ in its original version. Bad luck for me, now I have to watch this shit that came out in 1985 again. All clichés are in there : the bad boy, the good guy, the sexy lady, the group of friends and the dumb kid with a stupid name… It’s so bad that it’s funny.

The intro puts you in the movie’s mood in 5 minutes : the unbearable good-looking-guy drops in from the rooftop of his house and cruises in the street wearing his pants up to his armpits and a t-shirt inside (he could feature in a Supreme flick). It looks like a Magenta video : powerslides and car-grabbing on jazzy music (you are 30 years late, guys !).

The story’s pretty simple : young Corey Webster goes to California to meet his friends and enter the « LA Massacre », a longboard race (couldn’t be any more lame) that can lead to a pro status on Smash skateboards (in 2016, he’d have to enter Street League). In the meantime, he falls in love with the Daggers boss’ sister who hates people from the valley like him. A war with no mercy then begins between the Daggers and Corey’s crew. But no worries, Corey wins the race and the Daggers respect at the end of the movie, turns pro and goes home with his bitch.

Everything sucks in this shitty movie : the bad boys with their fake punk outfits look stupid when the boss is rocking a fucking catogan and a dagger shaped earring (feels like watching Degrassi Junior High) and the hero that looks like the ideal-son-in-law, always shirtless so you can check out his perfect body, and his smile that could sell anything and his surfer’s hair that just make you want to go out and break rap CDs on the sidewalk.

The princess is pretty, though her 80’s style make her look ugly. I just can’t deal with it anymore when I see all these teenagers wearing high waist jeans and croptop shirts in 2016. When will the bellybutton piercing be back ? Still, I’m gonna ask my girlfriend to get a brushing so she doesn’t look too much like a redneck with her old striped shirts.

Good thing for you is I’m gonna save one hour and a half of your time that you’ll be able to spend on doing positive things like scrolling on Instagram or listening to Cypress Hill on your bed. Here are the best scenes :

The battle holding a ham
This is the craziest scene. After one more argument between Hook (the Daggers’ boss) and Corey, Hook causes him into a duel in a ditch. That’s when it gets even worse : the duel is some sort of joust on a skateboard holding a weapon that looks like there’s a ham sticked to it. Corey ends up with a broken wrist.

The pool competition
Featuring the big stars of the time : Tony Hawk, Mike McGill, Eddy Elguera, Christian Hosoi and more in Delmar’s bowl. The level is quite good for that time and some tricks could even score today. Corey drops into the pool and kills it : mctwist, caballerial, tanned skin, white teeth, but the Daggers throw nails into the bowl. Corey falls and hurts his shoulder. Another pretty bad scene, but imagine Paul Rodriguez throwing stones during Nyjah’s run, that would be so fucking good !

Visiting Smash Skateboards HQ
Could this be a George Powell tribute ? Anyway this scene is not any better than the others. Nasa developed wheels that bounce like crazy and that will be the only thing left after a nuclear war and 7 indestructible plies… You just want to tell the guy that his company sucks but Corey loves it and is gonna do anything to win the LA Massacre and turn pro for Smash.

The LA Massacre
This is the final scene. How to make a longboard downhill interesting ? Not even the director know.

There’s a reason why I haven’t talked about the music : besides a Circle Jerk’s (« Wild in the street ») song that makes you want to do boneless on the top of a car with all your sleeveless shirts friends, it sucks. For those who are gonna tell me that there’s also some Devo, I will tell them that Devo is just as bad as all these 80’s fun rock bands.

I gotta go now, I have to take a picture of the stuff that my sponsors just sent me and post it on Instagram and then I have a meeting with my manager to work on my next contest run and make my trick list for my street part.

Peace
MDV

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