LA REVUE DE PRESSE : SOLO & FREE

Il est à peu près réaliste de dire que la presse skate européenne (celle à une échelle suffisante pour pouvoir se retrouver à peu près dans tous les pays d’Europe et en Anglais) se réduit à une poignée de magazines : Solo, FreeGrey, Place… (et occasionnellement A Propos, 10 000 exemplaires en moyenne quand même, oh, et quand il y a les traductions à la fin…). Les deux premiers sont plein de similitudes et sortent à toujours à quelques jours d’intervalle.

FreeSolo

Visuellement, la différence la plus évidente entre Solo et Free, c’est la maquette. Si les Anglais n’ont pas peur de pousser le graphisme (on parlera ici de graphisme, qui est devenu une discipline à part entière, et plus seulement de « maquette ») à la limite de la lisibilité, l’approche des Allemands de Solo est aussi moderne mais plus académique, avec un souci du détail intéressant. Au toucher, le papier glacé de Free diffère radicalement du papier mat et plus lourd de Solo qui rend l’objet plus épais alors qu’il contient seize pages de moins. D’un côté comme de l’autre, pas de chichi sur la couv’, Free n’a même jamais pris la peine d’y apposer son logo. Seul un point rouge dont la taille varie d’un numéro à l’autre se promène sur la photo. La vocation de Free étant clairement Européenne dès le départ (Free est né de la disparition de Kingpin, 2002-2015) le choix de la photo de couverture est toujours un skater connu et un savant mélange de hammer allié à une certaine perfection photographique, quand chez Solo, on aura tendance à privilégier l’aspect photo sur le trick. Les deux magazines étant gratuits (il y a certaines règles commerciales en kiosque à suivre, cf. Sugar), tout les risques sont bons à prendre !

Côté contenu, s’il reste encore du publi-rédactionnel (14 pages d’un tour Vans dans Free, 15 pages d’un tour Rvca dans Solo, avec les pubs qui vont avec) il faut bien avouer que l’un comme l’autre produisent des efforts autant d’un point de vue littéraire que de la pertinence des propos. On relèvera la qualité des écrits de Stefan Schwinghammer chez Solo et la relevance des interviews d’Arthur Derrien chez Free. D’une manière générale, Solo s’intéressera toujours plus à l’aspect artistique des choses (interview de Olivier « Tavu » Ente dans ce numéro par exemple) et publiera toujours beaucoup de photos d’ambiance quand 99% des photos dans Free sont des tricks. Avec les illustrations de James Jarvis plus ou moins présentes d’un numéro sur l’autre (qui illustraient notamment toute l’interview de Mathias Thomer (coach Français pour les JO et big boss de Cosanostra Skatepark) dans le numéro précédent), Free accorde tout de même de la place pour autre chose que des photos de skate.

Le problème commun à ces deux magazines est qu’ils ne peuvent pas atteindre tous les skateshops d’Europe du fait de leur quantités imprimées (les chiffres sont confidentiels) et que des régions entières en seront toujours privées (quand la distribution en kiosque couvre potentiellement tout le territoire). Cela dit, Solo propose un abonnement, contrairement à Free. Les deux sont distribués en France par RIOT Distribution et sont uniquement disponibles en anglais.

Solo #22 : Hjalte Halberg et sa guest-board chez Frog / Olivier Ente / Maxi Sciable in NYC / Bronze à Paris / Rvca au Maroc / Mark Metzner / Mark Frölich. 116 pages. Couverture : Roland Hirsch par DVL

Free #16 : Chris Jones / Vans au Luxembourg / Lev Tanju / Polar in Japan / Tommy May / Grey Area video / Gustav Tonnessen. 132 pages. Couverture : Albert Nyberg par DVL

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