LA REVUE DE PRESSE – THE BERRICS MAGAZINE #1

Pas sûr que vous ayez suivi. Laissez-moi donc vous raconter l’histoire une nouvelle fois. Il y a un an, The Berrics rachetait The Skateboard Mag. Créé en 2004 par une équipe de roublards échappée de Transworld, TSM était à la hauteur des ambitions d’Atiba, Swift, Brittain aussi bien que des attentes d’un lectorat lassé de l’indéboulonnable duo Thrasher/TWS. Dix ans plus tard, la crise et les nouvelles habitudes (les réseaux sociaux, entre autres) ont réduit les budgets pub, au point de rendre le Mag épais comme un A Propos. Après douze ans de bons et loyaux services, au bord du gouffre financier, le mag passait sous la direction du fameux site lancé par Steve Berra et Eric Koston en 2007.

RedBull

Nouveaux patrons, nouvelle formule. Si l’équipe était restée plus ou moins la même, depuis un an The Skateboard Mag ne ressemblait plus à ce qu’il avait pu être, ni même à ce qu’il aurait pu devenir. Malgré un format plus grand et un papier plus qualitatif, le mag brillait plus par sont manque de pertinence que par ses photos parfaitement exposées en double page.

The Skateboard Mag a donc été remplacé logiquement par The Berrics magazine en septembre 2017. Un premier numéro de 124 pages à 7$ en kiosque. Steve Berra y signe un édito rempli de belles promesses mais ce qui choque le plus, c’est la façon dont ouvertement, le mag se vend aux marques : dans l’OURS (de l’anglais ‘ours’, ‘les nôtres’), là où figure habituellement un ‘responsable publicité’ prend place un ‘director of brand partnerships’ (directeur des partenariats avec les marques).

Si les magazines de skate ont toujours été rempli de pages de pub et de tournées produites par les marques, la différence est qu’aujourd’hui le contenu des marques est produit par l’équipe du mag et fondu dans la masse (pages 52, 84 à 87, 96…). Un contenu donc très consensuel, à l’opposé ce que qu’est le journalisme, l’objectivité, voire la critique… Il ne faudrait pas non-plus se fâcher avec les annonceurs qui prennent de la pub sur le site.

Vous me direz, sur le site A Propos, il y en a de la pub. Personne n’est parfait. La différence est que ça fait longtemps qu’elles n’ont plus d’influence sur le contenu. Et quand c’est arrivé, c’était ouvertement (A Propos #4,5 spécial Converse ou cet article par exemple).

Dans The Berrics magazine, le plus profond est le bleu du ciel de Californie qu’on retrouve dans les trois quarts des photos, à croire que le reste du monde n’est qu’un vaste no-man’s land où le skate n’existe pas. Même Thrasher est sorti de ça il y a bien longtemps…

Dommage. A une époque où tous les magazines papier passent au numérique, le fait qu’un site internet fasse le chemin inverse aurait pu être intéressant… Reste Jenkem, le forum Slap ou plus près de nous, Skatouze Monde et PN Zine pour parler de skate sans auto-censure !

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