LOMEPAL FLIP SKATE TOUR (1/3)

Je n’ai jamais vraiment aimé le rap français. Les deux seuls albums que j’ai fini par connaître par coeur sont « Qui sème le vent récolte le tempo » de MC Solaar en 1992 et « L’école du micro d’argent » (I Am, 1998). J’ai bien essayé à une époque d’apprécier Oxmo Puccino, mais je n’y suis jamais parvenu. Et puis il y a eu Booba qui m’a fait détester ça. Donc le rap français, pour moi, tout effort pour m’y intéresser était inutile.

Antoine_autographe1Bordeaux

Août 2017. On me demande d’être le tour manager du Flip Skate Tour. Vu que le business des magazines, en ce moment, c’est un peu compliqué, j’accepte le job. Je n’ai jamais entendu parler de Lomepal mais je suis curieux. D’après tout un tas de types autour de moi, je devrais connaître ce « kid qui skatait à Bercy » mais je ne me souviens pas… On me file le CD que je jette dans la voiture en partant en vacances, histoire d’essayer de comprendre dans quelle galère je m’embarque en septembre.

Je l’écoute une première fois, une deuxième. Je me surprends à décortiquer chaque phrase, chaque rime. Là je me dis qu’en fait si, il y a dans le rap autre chose que Booba et Kaaris et que si ça se trouve, je passe à côté de tout un tas de trucs intéressants… Merde. Y aurait-il donc des trucs bien dans le rap ? Je doute encore. Ils ne sont pas non-plus des milliers à s’afficher en femme sur leur (premier) album, et à faire vraiment du skate… Je n’arrive pas à m’imaginer ce que sera ce tour, mais je m’impatiente.

9 septembre, départ. Mon boulot, c’est conduire le van et organiser des showcases (des petits concerts, 4 morceaux) dans une dizaine de skateshops, sur deux semaines. On est neuf dans le van, dont la moitié fait du skate (ouais, 4,5). Dès la première date, à Lyon, je me rends compte que j’ai sous-estimé la fan-base de Lomepal et le pouvoir d’Instagram à drainer les foules. La rue devant WallStreet est bloquée une heure avant le showcase, il y a bien 800 personnes et la plupart connaissent les morceaux par coeur. Si c’est comme ça dans chaque ville, les neuf dates qui suivent promettent d’être compliquées…

Antoine_FSbluntAntoine, FS blunt pop out, Lyon

Avant de faire du rap, Antoine faisait du skate. Il réalise son rêve de gosse : partir en tour avec ses potes pour le skate, comme dans les magazines. Il aurait peut-être pu finir par avoir un ou deux sponsors à l’époque mais la musique lui a donné plus de perspective. Et aujourd’hui c’est ça qui le fait partir en skate tour.

On passe à peine 24 heures dans chaque ville. Il y a la route (400km par jour en moyenne), les braquages sur les aires d’autoroute (!), les showcases, les montages vidéo à fournir chaque jour, les soirées infernales, le repos dans des Airbnb trop petits ou des hotels bon marché… et il y a le skate. Pas facile de trouver le temps. Et comme on est obligé de déplacer les showcases le plus souvent dans les skateparks à cause du monde, ça skate peu dans la rue. On se force, on y arrive bien à Lyon et à Montpellier. À Barcelone, ça commence et ça finit à MACBA.

MarcBa_FScrookedMarca, FS crooked, Barcelona

L’ambiance dans le van est bonne. Ça discute, ça fume, ça dort beaucoup. Ça se bat pour charger son téléphone ou pour se connecter au bluetooth de l’autoradio. VM the Don fout un peu la merde. Vu qu’il ne skate pas, il bouillonne en permanence, tout ce qui sort de sa bouche est sans filtre. Mais c’est marrant la plupart du temps et il n’est là que sur 4 dates. Hamza est québécois. La trentaine, il ne sait pas ce qu’il fout : il ne rappe pas, il ne skate pas, il ne boit pas mais il est indispensable. Adrien et Tim sont là pour filmer les stories pour Konbini et le clip de Bryan Herman (le morceau qui parle de skate), ce qui n’a l’air de rien mais qui est fastidieux, parce qu’ils doivent dé-rusher et monter tout le temps. Yassine est le backer de Lomepal, et parfois le mien aussi, quand je galère sur un truc. Il est timide avec les filles qui lui demandent un autographe. Parce qu’il sait que la plupart du temps, c’est juste pour tenter de se rapprocher d’Antoine. Henry Fexa était en cours avec eux. Aujourd’hui il est magicien, il gagne sa vie en faisant disparaitre des cartes et en rendant les gens hystériques. Il rentre son premier flip pendant le Flip Skate Tour, à Bordeaux.

Dimeh monte dans le van à Genève et reste jusqu’au bout du voyage. Il skate, il rappe aussi, il est bon. Kéroué nous rejoint à Bruxelles et comme Dimeh, il fait un morceau avec Lomepal tous les soirs. Rémy AKA La Tav’ est là les trois premiers jours. Il a un vol pour SF, une bonne excuse. Marc-Alexandre Barbier sèche les cours pour la bonne cause et Alastair Pathé parvient à faire autant la fête que du skate. C’est lui le plus jeune mais personne ne l’impressionne. Titi (Thierry Gormit) squatte un siège de Barcelone jusqu’à Paris et sait aussi bien faire des switch BS 180 que la fête, voire plus. Lukas Fournier a embarque un jour et nous suit en bus ou en train quand il n’y a plus de place dans le van avec Manu. On n’est jamais plus de 9 dans le van, alors les autres suivent en bus ou en train.

Aftershow_NantesLukas, Dimeh, Titi, Alas, Antoine et un fan, Nantes, aftershow

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