LOMEPAL FLIP SKATE TOUR (2/3)

Des mini concerts improvisés, du skate et des litres de rhum. Flip Skate Tour, la suite. Après WallStreet à Lyon, un petit détour par Annecy, 242 à Genève (où on déplace le showcase à Plain-Palais), Bud à Marseille, Popular à Montpellier et Klap à Barcelone, Antoine doit remonter à Paris pour un enregistrement à Radio France.

Showcase_MarseilleMarseille

On repart le lundi 16/09, direction Bruxelles où Caballero nous accueille avec une bouteille de cognac. A-t’on besoin de ça ? Pas sûr. La soirée dure jusqu’au petit jour. Une chaise passe par la fenêtre de l’appart’. La gueule de bois est sévère, on arrive plus tard que prévu à Lille.

Le tour est (entre autres) sponsorisé par Sailor Jerry (une marque de rhum). Douze bouteilles nous attendent dans chaque shop par où l’on passe. Même si on essaye toujours de leur en laisser une, on dilue beaucoup d’énergie dans du Coca-Cola. Les réveils sont souvent difficiles, surtout quand c’est moi qui cogne sur toutes les portes à sept heures du matin pour qu’on remonte dans le van. Parfois j’en pousse une, de porte, et il y a une invitée surprise dans un lit. J’ai le mauvais rôle. Je leur dis d’éviter de foutre le bordel, de ranger ou d’être à l’heure. VM m’appelle Bruno parce que parait-il, j’ai une tête de Bruno. J’ai connu un Bruno, c’était un type sympa. Tim lui, m’appelle Lilian. Comme Lilian Thuram, le footballeur (Thuram-Tura…). C’est pas si mal non-plus, comme prénom, Lilian. Je me rends compte que j’ai Tim et Henry dans le van, mais personne ne comprend.

Nantes_skateNantes, avec Thibaud Fradin

Une fois le micro posé, Lomepal redevient Antoine. Et Antoine doit répondre aux propriétaires de Airbnb mécontents (tout est à son nom), trouver des billets de train pour les potes qui nous suivent, gérer les retards de livraison des montages avec Konbini, signer des autographes, répondre à des interviews pour des magazines comme Grazia, faire du skate, faire des selfies avec des tic-tacs (fanatiques-tacs…), se mettre de la pommade sur son tibia et sa cheville bleus, annoncer l’heure des showcases ni trop tôt ni trop tard sur Instagram, filmer toutes les conneries de ses potes avec son Iphone, dormir parfois par-terre, et reprendre le micro en fin de journée…

Vu que c’est moi qui conduis, je ne bois pas et j’ai besoin de dormir la nuit pendant qu’ils sont en vadrouille. Il m’arrive d’aller dans le van quand c’est trop le bordel dans l’appart’. Le jour la route est parfois longue quand tout le monde ronfle. Barcelone-Paris, onze heures, deux pauses. Je découvre le luxe du cruise control, j’en use, j’en abuse. On fait 4900 kilomètres en tout.

Geneve_Genève

Étrangement, on écoute peu de rap français. Hamza a des playlists de hip-hop moderne imparables, et il arrive même que quelqu’un mette du Dire Straits. Du Bourvil. Du Henri Salvador. Et puis du Jul quand-même. Si proche et pourtant si éloigné de Lomepal.

Deux semaines de cours intensifs et j’y connais toujours pas grand-chose en rap français. Ce que je sais, c’est que le rap et le skate n’ont jamais été liés aussi frontalement. Un type crédible dans le rap qui skate et qui ose même en faire un morceau, d’ordinaire c’est aux États-Unis que ça arrive. Et encore… Dans son interview (ici-même), Antoine raconte que le skate est aujourd’hui respecté dans le hip-hop. J’ai toujours eu l’impression qu’on nous prenait pour des bouffons. Visiblement les choses ont changé.

Antoine_FSfeebleFS feeble, Paris. Photo : Clément Chouleur

S’il a réussi à se faire un petit nom dans le rap, son but ultime est d’être respecté dans le skate, là d’où il vient. Jamais un aussi bon rappeur n’avait vraiment fait de skate (…) jamais un vrai skateur n’avait été aussi fort en rap. C’est lui qui dit. C’est prétentieux mais c’est le jeu du rap. Reste à attendre que quelqu’un vienne lui prouver le contraire. Ça risque de prendre un moment.

- A suivre -
(1ère partie ICI, la suite et fin )

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